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Le site de l’AMC évolue régulièrement : Fiches ou Mises à jour

Une curiosité dans le CotentinFavolaschia claudopus

Une semaine avant le festival du champignon, qui a eu lieu à Valognes les 22 et 23 octobre, une membre éminente de l’association découvrait dans la Hague un champignon lui semblant extraordinaire. En effet, avec sa couleur peu commune (intégralement orangé) il a le dessous du chapeau constitué d’alvéoles remarquables.
Après des recherches, notre éminente membre parvient à identifier un champignon exotique nommé Favolaschia calocera (R.Heim), qui est référencé dans les bases nationales et les ouvrages spécialisés. Aussitôt identifié, elle fait part de l’information aux membres du conseil d’administration de l’AMC, qui se met à la recherche d’informations complémentaires. Un autre membre de l’AMC en trouve une station dans la forêt de St Sauveur le Vicomte quelques jours plus tard, et ce mycète est rencontré à nouveau le samedi 29 octobre lors d’une sortie organisée à Flamanville. Décidément cette année nous est favorable !
Finalement, après les recherches complémentaires, nous découvrirons qu’il s’agit d’une espèce proche, nommée Favolaschia claudopus (Singer) Q.Y. Zhang & Y.C. Dai, qu’un séquençage ADN récent vient d’élever au rang d’espèce, information qui n’est pas encore connue de l’ensemble des autorités mycologiques nationales.
Ce mycète avait également été trouvé à Belle Ile en mer cet été par un mycologue du Muséum National d’Histoire Naturelle. Rien que ça !
Découvert pour la première fois en France dans le sud ouest en 2015, il a été également signalé dans les pays voisins depuis 2009. Il est originaire de Madagascar, mais la souche trouvée en Europe proviendrait plutôt de Nouvelle Zélande, peut-être à l’occasion d’importations de bois.
Ce champignon est un saprophyte lignicole, c’est à dire qu’il se nourrit de bois mort, le transformant en humus. Il sécrète plusieurs substances lui permettant d’éliminer ses concurrents, et à ce titre est considéré dans la zone subtropicale comme espèce envahissante. Ce n’est pas le cas chez nous, où il constitue une curiosité spectaculaire, nonobstant sa petite taille (1 cm), plusieurs exemplaires sont visibles sur le même morceau de bois, leurs formes fait penser à des mini-raquettes de ping-pong. La saison exceptionnellement chaude que nous avons connue a pu lui donner un avantage concurrentiel.

Marcel LEBRET